19.11.2018 : guide des porte-drapeaux

Guide des porte drapeaux p1

Le 19 novembre 2018, le site officiel de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre publie le "guide des porte-drapeaux". Ce fascicule au "format de poche" est une bonne initiative pour rappeler les devoirs et les missions inhérents à la fonction. Après une lecture approfondie du document, il apparaît que des usages jusqu'ici courants aient été modifiés.

Guide des porte drapeaux p2

Dans une lettre adressée le 29 novembre, à l'attention de la Directrice Générale de l'ONACVG, le Président de l'APAC; Christophe Delannoy, a souhaité attirer l'attention sur les plusieurs points suivants :

  • Tenue vestimentaire :
Il n'est pas rare et malheureusement de plus en plus fréquent de constater lors de nos cérémonies, la présence de personnes qui se revendiquent « ancien militaire » et portent l'uniforme d'une façon qui décrédibilisent l'institution militaire mais aussi le régiment qu'elles semblent représenter. L'harmonisation de la tenue civile pour tous les porte-drapeaux aurait été le moyen de mettre fin à ces outrages. Cette tenue civile devrait s'appliquer aussi au « chef » de la délégation des porte-drapeaux. Cela éviterait, au regard du public, de voir un officier de la Marine ou un ancien gendarme en tenue, emmener des porte-drapeaux. Le guide rend facultatitf le port d'une coiffe pour les porte-drapeaux qui n'auraient pas embrassé une carrière militaire. Je crois en revanche que le port du béret basque ou béret noir sans insigne, comme il en était de coutume jusqu'à maintenant, avait ce mérite de mettre tous nos porte-drapeaux sur le même pied d'égalité. Porter une coiffe, civile soit elle, donnait de la crédibilité à la fonction, à la tenue, et contribuait à la fierté de nos porte-drapeaux. Porter un béret relève aussi de nos traditions françaises qui à mon sens ne portait pas préjudice à la fonction ni aux cérémonies.
 
  • Les décorations :
Le guide ne parle pas des décorations associatives. Je pense que c'est une erreur car ne pas mentionner leur caractère privé, laisse peser un doute non-négligeable sur leur port en cérémonies. En l'absence de mention à ce sujet, il devient désormais difficile de faire retirer ces décorations. La loi considère que l'absence de « mention » vaut accord, sauf cas particulier. Je crains que cette absence soit considérée désormais comme un acquis pour les porte-drapeaux et anciens combattants en mal de reconnaissance.
 
  • Le drapeau :
La tenue de la hampe se fait de la main droite et non de la main gauche, afin de laisser apparaître les décorations
 
  • Cérémonies du 8 mai et 11 novembre :
Il est mentionné sur le guide que le porte-drapeau doit arborer le Bleuet de France officiel. En cas de non port, le porte-drapeau s'expose t il à des sanctions ? Je trouve cette clause maladroite, elle aurait pu apparaître en note de rappel ou sous forme de recommandation ou soutien, plus qu'en une obligation. Car n'oublions pas que ce guide fera foi parmi les porte-drapeaux, l'ONAC étant l'organisme de référence.
 
  • Remerciements aux porte-drapeaux :
Les porte drapeaux sont associés à un drapeau. Il est regrettable de constater que la familiarité s'installe de plus en plus dans ces remerciements, oubliant l'emblême national et la fonction même du porte drapeau. Ainsi je recommande que soit rappelé qu'avant de remercier le porte-drapeau, les militaires d'actives et anciens combattants doivent avant tout saluer l'emblême national et ensuite remercier le porte-drapeau d'une poignée de main. Pour les personnes issues du monde civil, elles devraient se tenir droites devant l'emblême et saluer d'un hochement de tête, puis remercier le porte-drapeau d'une poignée de main. On assiste de plus en plus fréquemment, à des « embrassades » de porte-drapeaux. Cette attitude ne saurait avoir lieu au regard de la fonction même du porte-drapeau. La familiarité n'a pas sa place dans un événement qui se veut solennel. A cela j'attire votre attention sur le fait que nous intégrerons de plus en plus de jeunes et il nous inccombe de garantir pour eux mêmes et pour les parents qui nous font confiance, la garantie d'aucun geste déplacé ou forcé qui pourrait porter atteinte à l'intégrité physique et morale de nos porte-drapeaux. C'est pourquoi je recommande fortement que soit instauré dans ce guide une attitude et un comportement digne et respectueux à leur égard. Au nom du principe de précautions de notre jeunesse, mais aussi des personnes sensibles ou d'un tempéremment plus faible, je vous demande de considérer avec beaucoup de sérieux ma demande et de n'autoriser que la poignée de mains et rien d'autre.
 
Ces points ont été transmis à Madame la Directrice Générale de l'ONACVG; Madame Rose Marie ANTOINE, en espérant avoir suscité toute son attention, dans l'intérêt de la fonction de porte-drapeaux et de tous ceux qui l'occupent aujourd'hui et demain.